Observatoire de l'équilibre agro‑sylvo‑cynégétique

Les dégâts de grand gibier sur les milieux agricoles et forestiers

Les ongulés sauvages (cerf, chevreuil, sanglier, mouflon, chamois) exercent une certaine pression sur les milieux agricoles et forestiers.

Dans les parcelles agricoles, les dégâts provoqués par les sangliers sont nombreux, et en forte augmentation depuis plusieurs dizaines d’années. De nombreux types de cultures sont impactés : céréales et autres grandes cultures, vignes, cultures maraîchères, prairies, vergers, mais également jardins et potagers des particuliers. Les cervidés et les mouflons peuvent également exercer une pression importante sur les pelouses pastorales et prairies de fauche, en consommant d’importantes quantités de végétation utilisées pour l’élevage.


En forêt, plusieurs types de dégâts peuvent être rencontrés :

L’abroutissement : il est lié à la consommation des bourgeons, feuilles ou pousses dans un but alimentaire. Ils peuvent être provoqués par les mammifères ruminants sauvages (cerf, chevreuil, mouflon), mais également par les ruminants domestiques (vache, mouton, chèvre). La forme de la blessure provoquée permet de reconnaître la différence entre les abroutissements de ruminant et de rongeurs (mulots, campagnols, lièvres, lapins), mais pas de définir l’espèce de ruminant incriminée.

Abroutissement de cervidé
Abroutissement d'un semis de sapin

Le frottis : il est lié au comportement des cerfs ou chevreuils mâles qui frottent leurs bois sur les jeunes arbres, provoquant un arrachement de l’écorce, voire la casse de la tige. Les frottis peuvent avoir lieu au printemps, lorsque les mâles cherchent à se débarrasser du velours qui recouvre leurs bois, ou à l’automne, en période de rut.

Frottis sur jeune épicéa
Frottis sur jeune douglas

L’écorçage : provoqué uniquement par l’espèce Cerf, il consiste en un prélèvement de l’écorce d’un arbre, dans un but de consommation.

Écorçage
Écorçage récent sur un épicéa

Les dégâts de sanglier : ils sont essentiellement liés au déterrage des jeunes plants forestiers ou des semis, dans un but de consommation racinaire. Les jeunes plants de pépinières semblent particulièrement sensibles à ce type de dégâts. D’autres types de dégâts, liés au piétinement, au fouissement ou au gîte des sangliers peuvent également être constatés, localement.

Parfois, une pression importante des cervidés sur la végétation et la consommation systématique des jeunes semis peuvent constituer un obstacle important au processus de régénération forestière, notamment pour les essences très appétantes, comme le sapin. Une absence inexpliquée de régénération, potentiellement liée à une trop forte densité de cervidés, peut alors être constatée dans des zones présentant des conditions locales (lumière au sol, présence de semenciers) et stationnelles (sol, altitude, exposition, etc.) a priori favorables.


Pour en savoir plus, consultez la documentation technique suivante (source : ONCFS) :

Pour consulter plus de photographies de dégâts de grand gibier, vous pouvez consulter :